Samedi 12 décembre 2009
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Parlons aujourd'hui de ce comics que je me suis récemment procuré. Il s'agit d'une réedition donc, avec une nouvelle colorisation, la première version étant sortie en 1988. Il faut savoir que cette
bande dessinés à énormement inspiré Tim Burton pour son premier Batman ainsi que Christopher Nolan pour The Dark Knight.
Il est considéré par les fans comme l'un des tout meilleurs comics sur Batman ( et le Joker surtout ).
Le Joker et Batman. Entre eux, c’est une très vieille histoire… D’un côté, le criminel fou furieux ricanant, de l’autre, le justicier noir tourmenté. Deux vocations nées après
un traumatisme grave, deux personnalités à double face dont les destins semblent irrémédiablement liés. Mais le Joker s’est évadé de l'Asile d'Arkham, et pour lui, l’heure des comptes a
sonné. Il kidnappe le commissaire Gordon et l’emmène dans le champ de foire où il a établi son QG. Le cauchemar commence…
Scénarisé par Alan Moore (Watchmen ) et dessiné par Brian Bolland, Killing Joke nous plonge au plus profond de l’un des êtres les plus dérangés de l’univers de Batman : le
Joker ! On connaît tous le personnage déséquilibré, qui considère la vie comme une vulgaire blague, dont la chute irrémédiable est la mort, mais que savons-nous réellement de lui, de
ses origines ?
Même s’il est difficile de se l’imaginer, le Joker a bien dû être durant un certain temps, un homme ordinaire. C’est sur cette idée qu’Alan Moore construit son histoire, en utilisant le
thême de la mauvaise journée. L’auteur nous explique qu’il suffit à un homme de vivre une sale journée pour devenir complètement fou : "Ce qui séparent un homme sain d'un homme fou, c'est
une mauvaise journée, c'est tout".
On découvre le visage derrière celui du Joker, celui d’un comique raté, qui se trouve minable de ne pas parvenir à subvenir aux besoins de sa femme enceinte. Un jour, il en a assez et décide
de passer de l’autre côté de la barrière en aidant deux malfrats. Ce n’est pas un mauvais laron, il veut juste se prouver qu’il est digne de porter le rôle de chef de famille et que faire un seul
gros coup n’est pas si dramatique.
Sauf qu le destin va s’acharner sur lui, si bien qu’il finit par perdre le peu qu’il avait, nous donnant l’impression que sa vie n’est qu’une mauvaise blague, dont la chute se produit lors
de son tout premier face à face avec Batman. C’est ainsi que sa mauvaise journée s’achève.
Autant dire que les phases de flashbacks sont un pur régal. Le décalage de couleurs entre ces moments et le récit principal donne une ambiance assez étrange. En effet, les souvenirs du Joker, ou
du moins une vision possible de son passé ( il y en a tant ), sont en noir et blanc à l’exception de deux éléments, des écrevisses et le costume de Red Hood, qui sont rouges. Il faut également
noter le passage à la couleur lorsque le visage du Joker se découvre pour la première fois, juste après son accident, faisant ainsi la transition entre une vie passée déprimante et la folie pure.
Sachez egalement que la colorisation a été entierement refaite en 2008 de manière magistrale, un petit exemple :
L’autre partie de l’histoire nous place aux côtés du Joker, qui s’est échappé de l’asile d’Arkham et qui est déterminé à prouver qu’il n’est pas si différent des autres. Après tout, il ne lui a
suffit que d’une mauvaise journée pour changer. The Killing Joke nous fait alors entrer dans le délire psychopathe du personnage ce qui risque sans doute de choquer quelques lecteurs. Le Joker
n’hésite pas à torturer le comissaire Gordon pour démontrer sa théorie. Il va jusqu’à tirer sur sa fille, aussi connue pour être BatGirl. C’est d’ailleurs à partir de cette tragédie qu’elle
deviendra plus tard le personnage connu sous le nom d’Oracle, puisqu’elle est désormais incapable d’utiliser ses jambes.
Les pièces se mettent progressivement en place pour ce dernier, qui emmène Gordon dans une ancienne fête foraine, où il met tout en œuvre pour le broyer et prouver que même l’homme le plus droit
peut voir ses valeurs réduites à néant. Malheureusement, comme si l’histoire se répétait ou que sa vie d’humoriste raté ne l’avait pas complètement abandonné, il est condamné à ce que l’on vienne
lui mettre des bâtons dans les roues, puisque Batman sera toujours sur sa route.
C’est ici que l’on découvre l’étrange relation entre ces deux ennemis de toujours. Batman réalise que leur rivalité ne s’achèvera que par la mort de l’un d’eux. Or, malgré tout ce que le
Joker a pu faire, il ne peut pas se résoudre à le tuer. Il lui faut montrer à celui ci que les valeurs auxquels il croit sont fortes, et qu’il n’est pas obligatoire de sombrer dans
la folie quand les choses vont mal.
A vrai dire, Batman et le Joker ne sont pas si différents. D’après la version que nous avons de l’origine du Joker, il n’a tout simplement pas eu de chance dans la vie. Quant à Bruce Wayne, ses
parents sont morts devant ses yeux quand il était enfant, et toute sa richesse ne pourra rien y changer.
Comme quoi, malgré les différences sociales, le destin de ses deux êtres est tout aussi tragique. Ils ont tous les deux eu une mauvaise journée, mais ont décidé de réagir différemment, l’un par
la folie meurtrière et l’autre par la justice. Peu importe ce qu’ils feront, leur rivalité ne cessera jamais. Batman ne peut pas tuer le Joker, et ce dernier ne peut se résoudre à éliminer son
compagnon de jeu, celui qui lui ressemble le plus. Il est vrai que Batman est fou d’une certaine façon, mais il s’agit d’un délire maîtrisé à travers une seconde personnalité qu’il a
créé.

Batman Killing Joke est un comics étrange, il ne montre pas seulement un énième combat entre le bien et le mal, puisqu’il nous prouve que l’un a autant besoin de l’autre. Ils sont aussi
indissociables que les deux côtés d’une même pièce, que seul le temps séparrera.
Et que dire de la fin, sujette à de nombreuses interpretations ( la fameuse blague qui tue )...