Fight Club

Publié le par NeoJin



Il fallait bien que l'ont fasse un article sur cet excellent film de David Fincher sorti en 1999.

Petit résumé de l'histoire tout d'abord : Un employé de bureau( le génial Edward Norton), professionalisé en assurance et en accidents de voiture, célibataire, la trentaine, souffrant d'insomnie et ne se faisant plus beaucoup d'illusion sur la vie cherche un moyen de s'extraire de cet existence monotone. Il trouvera d'abord du reconfort dans la souffrance des autres en assistant à diverses reunions d'entraide entre malades ( groupes de cancereux, de tuberculeux etc). C'est à ce moment la qu'il fait la connaissance de Marla Singer, qui parasitera sa vie à partir de ce moment.
Lors d'un voyage pour son travail, il fait également la rencontre de Tyler Durden, vendeur de savon totalement barré et à cent lieue de la façon de vivre et de pensé de Jack. Mi anarchiste- mi terroriste, il va lui apprendre une toute nouvelle façon de voir les choses : Les deux personnages trouveront ainsi une certaine liberté en habitant ensemble dans une "maison" totalement délabré,  face à la prison de la réalité à travers le fight club, idée tout droit sorti du cerveau de Durden, qu'ils créeront ensemble. L'homme ici peut être ce que le monde lui refuse d'être, une bête primaire, se laissant controler par ces instincts les plus grégaires. Mais leurs fight club et leurs canulars au début inoffensifs se transformeront vite en attentats de plus ou moins grandes importances et les conduiront dans un cercle vicieux de faits et de comportements alors incontrôlables...

Le film est tellement riche et complexe qu'il laisse enormement de types d'interpretations différents auprès du spectateur :

Une critique des hommes du monde occidentale actuel d'abord, ils sont décrits comme étant des êtres soumis à l'apparence des mannequins de publicité, qui selon l'exposé du film, influencent la perception de leur virilité et dégradent leur instincts de base. Tyler considère que vivre dans une société de consommation, de l'accepter puis de devenir acteur ne peut pas mener au bonheur. Selon lui, la seule possibilité valable serait de vivre primitivement, selon les instincts encore présents chez l'Homme, où l'on chasserait pour manger, où l'on vivrait loin de tous ces faux-semblants, dans une liberté absolue inaccesible par le biais de la consommation. Bien sûr, il reste encore la perspective d'amour, mais Tyler répond tout simplement : "On est une génération d'hommes élevés par des femmes. Je ne suis pas sûr qu'une autre femme soit la solution à nos problèmes".
Le fight club lui même n'est que le prolongement physique de la non virilité de ses participants. À travers ces combats sanglants, ultra violent,  ils retrouvent leur envie de se battre pour ce qu'ils sont, de prendre les choses de toutes leurs forces ; ils réapprennent littéralement leur robustesse, leur vigueur. Ils comprennent qu'acheter un nouveau mobilier, une nouvelle télévision, ou toutes sortes de produits de consommation typique mais pourtant pas indispensable à la vie procure beaucoup moins d'adrénaline et de satisfaction personnelle que de mettre un adversaire au tapis après un combat sanglant et acharné. Ils sortent enfin de leur zone de confort pour se heurter aux choses les plus basiques. Peu à peu, ces hommes se transforment en ce que Tyler lui-même souhaite qu'ils se transforment. Ils redeviennent vifs et redécouvrent la part animale en eux, ils perdent tranquillement leurs désirs maladifs de consommer et Tyler se crée ainsi une " armée " de personnages disciplinés à valeurs simples.
Certains ont également qualifié ce film comme fasciste (au sens premier du therme) : Tyler méprise le culte de l'apparence ainsi que les futiles préoccupations humaines. Il souhaite que l'Homme redevienne une créature supérieure basée uniquement sur la force brut. Des petites references comme le fait qu'il fasse porter à ces hommes des chemises noires, la façon de les recruter etc y font egalement penser.
Fight Club prône également l'autodestruction et l'abandon d'espoir, mais pas le suicide. Tyler explique que seule une soudaine anarchie, et l'anéantissement du mode de vie actuel pourrait nous sauver. Il explique que la vie ne sert à rien et que le paradis n'existe pas : si une personne meurt, après avoir eu une vie moyenne, elle ira au paradis. Mais sur Terre, elle ne laissera aucune trace. Tyler préconise donc que si l'on doit mourir, autant marquer l'Histoire. "On a tous la possibilité de changer l'histoire".

Pour faire bref, ce film a été enormement critiqué à sa sortie: qualifié de dangereux, de fasciste, d'ultra violent. Mais également adoré par une partie du public. Le meilleur moyen de s'en faire une idée est tout simplement de le voir, pour ma part il a été comme un coup de poing dans le ventre, et il fait parti assurément de mes cinqs films favoris. Le film fait se poser des questions totalement existencielle au spéctateur, ce qui est déja une très bonne chose.

Quelques citations du film pour finir :

Sur une durée de vie suffisamment longue, l’espérance de vie tombe, pour tout le monde, à zéro.


Les choses que l'on possède finissent par nous posséder.


Il y a un adage qui dit qu’on fait du mal à ceux qu’on aime : mais il oublie de dire qu’on aime ceux qui nous font du mal.


Tu dois admettre qu'il est possible que Dieu ne t'aime pas du tout. Il ne t'a jamais voulu. En toute probabilité, il te déteste et ce n'est pas ce qu'il peut t'arriver de pire. On n'a pas besoin de lui mec ! On n'en a rien à foutre de la damnation ni de sa sa foutue rédemption. On est les enfants non désirés de Dieu, très bien !



Publié dans Diver- fun

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