Hokuto No Ken : L'ere de Raoh

Publié le par NeoJin



Après une longue attente, je me suis enfin procuré le film "L'ere de Raoh", sorti fin 2006 au Cinéma au Japon , et en mai 2008 en France.

Il s'agit du premier épisode d'une saga de cinqs OAV, retraçant l'histoire d'Hokuto No Ken à travers les yeux des différents protagonistes principaux : Raoh ( deux films ), Yuria , Kenshiro et Toki ( un OAV chacun ), célébrant les 25 ans du manga culte.

Le film est réalisé par Takahiro Imamura, accompagné d'une équipe de rêve ( Tetsuo Hara et Buronson, les pères d'HnK ), Tetsuo Hara ( City Hunter ) et Shingo Araki ( character designer de la série Saint Seiya ).

Initialement crée par un Tetsuo Hara qui n'aura de cesse de mettre en scène dans un manga à la violence crue, un monde apocalyptique sans concessions, c'est surtout le souffle épique d'une longue épopée "messianique" qui faisait la saveur de l'oeuvre originale et le bonheur des fans. En effet, même si les fans de la première heure furent initialement happés par ce côté graphique ouvertement outrancier, entre visages stoïques, explosions corporelles à tout va et gerbes de sang , ils sont surtout restés pour suivre une saga fantastique décrivant des personnages souvent nobles ( y compris certains "méchants" ), guidé par un honneur indéfectible pour leurs idéaux. C'est donc l'évolution et la quête entreprise par les personnages qui passionne, épopée grandiose,  parsemée de rencontres clés saisissantes, et c'est ce point qui va constituer la grande force de ce nouveau long métrage, 20 ans après le fameux film d'animation de 1986.



Après une courte introduction saisissante qui a pour mérite d'immédiatement poser les origines de ses protagonistes, le métrage prend donc à coeur de condenser l'oeuvre existante pour la ramener à son essentiel. La première rencontre du spectateur avec un Kenshiro adulte le décrit ainsi tel qu'on l'a toujours imaginé : un personnage massif et paradoxalement fantomatique traversant des villes dévastées emplies de barbares sans foi ni loi. On constate de suite, que porté par le magnifique chara' design de Shingo Araki (célèbre pour son travail sur Saint Seiya donc), Kenshiro n'a jamais été aussi bien représenté à l'écran, si ce n'est dans les pages jaunies de nos mangas, sorti il y a 10 ans (réedités depuis chez Asuka). Bien évidemment le groupe se fait copieusement ratatiner et prend la fuite et le film enchaîne sans temps mort sur le nerf de la guerre : la mythologie de personnages forts aux points de vues et aux regards opposés.



Certains personnages voient ainsi leurs apparitions ramenées à un minimum syndical permettant aux têtes d'affiches que sont Ken, Toki et Raoh de voir leurs histoires mises en valeur. Souther sera donc ici le premier à en faire les frais, il perdra effectivement toute son histoire personnelle et deviendra un simple dictateur cruel, sans foi ni loi. Tandis que l'on se concentrera sur la cruauté du monde dépeint et donc sur l'urgence d'une résolution de la situation et de conflits fraternels. Evacués les combats éternels destinés à dépeindre à rallonge un quotidien dont on saisit la teneur en quelques séquences dans l'anime ou le manga, le long métrage s'articule autour des relations liant les trois personnages à l'idéal et aux ennemis communs, cependant séparés par des conceptions de résolution du conflit totalement opposées. L'entourage de Raoh et ses préoccupations occupent ainsi une bonne partie du film : le personnage est entouré d'une bande de barbares ne valant pas mieux que leurs adversaires. Il s'agit en fait de son armée, qu'il a levé pour conquérir les territoires ennemis, et ainsi rammener la paix dans le monde, à sa façon, c'est a dire, par la force... 
C'est ainsi que l'ont voit Raoh, confronté à sa solitude, aux choix douloureux qu'il doit effectuer pour asseoir sa position de chef, et protagoniste d'une idylle, inédite dans le manga, avec Reina, personnage crée specialement pour le film, par le plus grand des dessinateurs de femmes dans les mangas, Tetsuo Hara, le papa de City Hunter. Un angle tout nouveau dans la saga , qui s'avere donc très interressant.



Ken quand à lui verra son aura mythique grandir peu à peu au fil de l'aventure, alors que certains personnages légendaires de la saga (Shû, Batt et Lynn) l'accompagneront et verront leur personnalité rapidement et clairement définie.
Articulée autour de deux combats absolument dantesques (Ken affronte Shû puis Souther dans deux séquences à l'animation sublime reprenant des images iconiques du manga très celebres ), Hokuto No Ken : L'ere de Raoh va ainsi droit au but et se pose non pas comme une simple relecture, mais comme une véritable redécouverte de la saga,  se concentrant sur une série épique réduite à l'essentiel. La clarté des enjeux permettra ainsi aux anciens fans ayant perdu le manga de vue depuis longtemps d'enfin en comprendre les tenants et les aboutissants (et d'avoir également l'assurance via ce projet, de connaître enfin la finalité de la chose) tandis que les novices pourront découvrir la saveur de l'aventure sans être étouffés par une multitude d'intrigues secondaires parfois inutiles , ce qui est, il faut tout de même le dire, le cas dans la pluspart des mangas. On a même le plaisir de retrouver la fameuse chanson du générique japonais "You Wa Shock", dans une scène très forte en émotion.



Pour résumer, le film s'avere être très interressant, l'animation est au top, mais n'est pas exempt de défauts. Pas assez de combat pour certains, une VF, même si loin d'être aussi pitoyable que celle d'Ogouz et son équipe, est toujours à milles lieux de la VO, et le traitement un peu trop manichéen dont à été victime l'Empereur Souther peuvent laissez les fans purs et durs sur leurs faims. Ce film me laissera donc un très bon souvenir tout de même, avec des passages sublimes ( le sacrifice de Shû, et les deux affrontements Ken/Souther ), ainsi que le fait de découvrir l'histoire d'Hokuto No Ken, à travers les yeux du Roi du Poing, Raoh.


Publié dans Manga

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Face 16/09/2009 21:47

bon résumé du film, j'ai été assez déçu a cause du manque de combats justement.