Batman : Un Long Halloween

Publié le par NeoJin

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J'ai décidé aujourd'hui pour ce dernier jour de février de consacrer un article au meilleur comics Batman qui m'a été donné de lire jusqu'a maintenant.
Batman : un long halloween, sorti au milieu des années 90 écrit par Jeph Loeb et dessiné par Tim Sale ( on commence bien, avec un telle équipe, comment se planter...).
Le comics contient treize volumes, et ont été récemment réedités chez Panini Comics dans une version Absolute , magnifique coffret et nombreux bonus à la clefs.

" Un Long Halloween " fait partie du second âge d'or de Batman. Années 90, scénariste génial, dessinateur qui sait quand pinailler avec les détails et quand se laisser aller, coloriste qui comprend l'atmosphère que l'auteur veut donne à son histoire...
D’une point de vue technique, c’est donc une réussite. Le dessin à ce réalisme très irréaliste en même temps, en raison de ses traits maximisés, dans le plus pur style  comics ,  à l’opposé total de nos bédés ou des mangas.
Tim Sale, au coup de crayon redoutable, sait alterner les séries de petits plans rapides, à l’ambiance qui prend à la gorge, et les longues scènes latéralles, très intenses et émouvantes.
Les dialogues sont bien entendu de grande qualité, aucune phrase en trop, rien à couper, rien à changer, un travail d’artiste du premier mot au dernier point. Batman, à la voix basse et profonde, Jim Gordon, le seul flic honnête de Gotham City, qui donne en permanence l’impression d’un homme voulant arrêter un fleuve avec deux baguettes et Harvey Dent, le meilleur procureur de Gotham depuis des décennies. A eux trois, ils ont le pouvoir de changer les choses. Ils croient mutuellement les uns en les autres, sans jamais se le dire. Je crois en Harvey Dent (Batman). Je crois en Batman(Gordon). Je crois en Gotham City(Dent). Quelle tristesse qu’une aussi belle association ne puisse durer.

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On appréciera également la façon dont les personnages sont traités. Dans les comics (et peut être encore plus dans Batman qu’ailleurs), les personnages sont d’une incroyable profondeur, ce sont de vraies personnes, contrairement aux héros de beaucoup trop d'autres oeuvres du genre. Et les méchants tiennent une place primordiale. Les méchants normaux  (pègre, assassins, petites frappes), mais aussi mais surtout les vrais méchants comme on les aime, les super vilains. Et la, il y en a pour tous les goûts. C’est aussi ce qui rend l’œuvre de Batman aussi admirable, c’est qu’il est seul pour combattre une véritable petite armée de " méchants ". Harvey Dent et Jim Gordon s’occupent de la criminalité classique, mais Batman est seul face à une armada de fous furieux sorti de l'asile d'Arkham qui trouvent l‘idée de porter un costume et d‘avoir un pseudonyme proprement géniale. , le Joker, le Chapelier fou, le Scarecrow, Catwoman, le Pingouin, Black Mask, Harley Quinn, Double-Face, Mr. Freeze, Poison Ivy, Solomon Grundy, Calendar Man … La liste est loin d’être exhaustive.
Dans ce tome, nous nous retrouvons avec quelques-uns des d'entre eux qui ont fait la réputation de la série, à savoir Catwoman, le Joker, Double-Face et quelques autres, ayant ici un rôle plus secondaire. Catwoman n’est pas celle qui retient le plus l’attention, même si sa beauté incroyable et sa merveilleuse capacité à ne rien prendre au sérieux sont soulignées avec un talent incomparable, étant ici plus une alliée de Batman qu’une ennemie, l’on retient surtout la prestation de Double-Face et du Joker. Ils sont tous les deux travaillés avec un soucis du détail et une intelligence qui frise la perfection.
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Tout d’abord, Double-Face, que l’on voit d’abord sous les traits d’Harvey Dent, procureur, Chevalier Blanc de Gotham City, le Pourfendeur de la pègre. Ami de Jim Gordon, allié de Batman. La première fois que le lecteur le voit, il est de face, le visage éclairé, en train d’enquêter pour vaincre la mafia. Magnifique. Dans la totalité des autres plans, on ne verra que la moitié de son visage, que ce soit en raison de sa position ou de l’ombrage... Et plus son comportement se fera borderline, allant jusqu’à flirter brièvement avec l’extrême limite de l’illégalité, plus sa  face cachée  sera sombre.
Puis, accident tragique, il est défiguré en plein procès par une projection d’acide. A partir de là, sa transformation en Double-Face et son basculement dans la folie est définitive. Voici l’horreur que Dent est devenue, voici la victoire de la pègre. Voici donc l’emprise que le crime exerce réelement sur Gotham City.
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Et le Joker ? L’ennemi N°1 de Batman, son double inversé. La première fois qu’on le voit dans Un Long Halloween, c’est en couverture du chapitre de Noël. Il trône, entourés de cadeaux, souriant comme le fou qu’il est, l‘air mauvais. Mais ce n’est qu’une couverture, et sa première vraie apparition dans le chapitre est à sa première page, de dos, perché sur une chaise comme un aigle, ses longues jambes maigres repliées, en train de lire le journal. Il est à contre-jour et c’est à peine si l’on distingue le mauve de son pantalon et le bleu de son manteau. Seul point de couleur clairement identifiable, ses cheveux au vert intense. Détail amusant et de circonstance, il chante "vive le vent" joyeusement.
Un gros plan esuite sur ses mains osseuses et gantées alors qu’il déchire le journal, son célèbre rire commence à se faire entendre.
De touts les méchants, le Joker est le seul à non seulement admettre qu’il est fou, mais surtout à s’en venter. Il clame à qui veut l’entendre ( et surtout à qui ne veut pas l’entendre, à savoir Batman ) que le monde est si insensé qu’y être sain d’esprit tiendrait de la folie, et que ne pas rire d’une si vaste blague serait ridicule, une approche philosophique comme une autre. Un autre de ses aspects, que l'ont découvre au fil des comics ou il est présent et peut être le plus fascinant, est qu’il tente en permanence de convaincre Batman qu’il est aussi fou que lui, et qu’il devrait l’admettre ( ce qui s’achève toujours inévitablement par une séance de passage à tabac dont le Joker ressort en miettes, mais qui le conforte dans son idée). Comme d'ailleurs il le dit lui-même : " Tu ne peux pas me tuer sans devenir comme moi; et je ne peux pas te tuer sans perdre le seul être humain avec qui je m’entends bien. N’est-ce pas ironique ? ".

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L’intrigue, comme je l’ai dit plus haut, est d’une éfficacité toute vicieuse. Un tueur frappe les membres de la pègres lors des jours de fêtes. Calibre.22, tétine en guise de silencieux, petit souvenir en rapport avec la fête ( citrouille trefle, sapin etc). Tout le monde est suspect, de Harvey Dent à la famille Maroni en passant par Bruce Wayne. Et jusqu’à la toute dernière page, aussi digne qu’émouvante, impossible d’être sûr de qui exactement est Holiday.

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C’est donc un ouvrage d’une qualité incontestable, excellent sous tous ses points, rien à redire, rien à ajouter, rien à enlever, du travail de maîtres. A posséder absolument, ou en tous cas à lire au moins une fois dans sa vie si l'on apprécie un tant soi peu les comics, on la bande déssinnées , tout simplement.

bafin

Publié dans Comics

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Le jok'r 10/03/2010 18:02


Super chronique pour le meilleur des Batman avec ceux de Frank Miller.

Jok'r