Yakuza 3

Publié le par NeoJin

yakuza cover

 

Après la petite vidéo du mois de mars sur Yakuza 3 à sa sortie, voici donc le test du jeu sur Playstation 3, sorti il y a plus d'un an au Japon et un peu plus d'un mois en France.

 

Comme je vous l'ai déja dit, , Yakuza 3 n'était pas destiné à aller séjourner en territoire étranger. Les performances des deux premiers opus aux Etats-Unis et en Europe s'étant révélées bien tristes, Sega n'avait pas, dans un premier temps, jugé utile pour ses finances de retenter le coup une troisième fois. Mais l'insistance d'un public connaisseur aidant, Yakuza 3 se retrouve finalement aujourd'hui dans nos PS3. Mais la patience aura eu un prix, il faut le savoir...

 

 

 La série des Yakuza repose avant tout sur un scénario riche qui a été développé tout au long des deux premiers volets. Comme certains joueurs ont pu passer à côté et qu’ils désirent malgré tout se lancer dans l’aventure du 3, Sega a eu l’excellente idée de proposer deux vidéos récapitulatives (une par opus) permettant de découvrir ou se remémorer les grandes lignes de l’histoire. Il est temps de se jeter corps et âme dans ce Yakuza 3 qui met en scène un Kiryu Kazuma lassé du monde des yakuzas. Celui-ci décide donc de s’installer à Okinawa pour s’occuper de sa  "famille " composée d’orphelins, lui-même en étant un. Outre une petite séance rétrospective agréable servant de tutorial et plongeant le joueur dans le bain, le titre nous propose de gérer tant bien que mal les petits soucis de certains des enfants. L’un s’est fait tabasser à l’école, l’autre piquer son argent, un autre est l’objet de moqueries, etc.

Cette partie qui dure environ quatre heures demande de faire quelques allers-retours et de finalement jouer le rôle d’un père de famille. Même si deux ou trois passages demandent entre temps d’aller casser des têtes dans un Tokyo fictif ( Kamurocho ), il faut bien avouer que l’on retrouve surtout énormément de dialogues éparpillés entre cinématiques et cut-scenes. Les amateurs d’action pure seront déroutés, trouvant les dialogues mièvres et à la limite de l’inutile, alors que les autres découvriront des passages pleins de vie, de sentiments et de réalisme. Les problèmes soulevés sont d’actualité, et ce ou que l’on vive dans le monde, la fraicheur s’incruste par moment et le décor d’Okinawa, pourtant pas gigantesque, offre une véritable bouffée d’air frais ( l'orphelinat et la plage sont à tomber je trouve ). Même si certains regretteront de devoir passer quatre heures à jouer au papa réconciliateur, il faut bien avouer que cette phase obligatoire a un charme... qui ne touchera pas tout le monde de la même manière.

 

yakuza4

En revanche, dès lors que notre ami Kazuma, rattrapé par les démons du passé et menacé d’expulsion à cause d’un projet touristique d’importance internationale, se décide à retourner dans le quartier de Kamurocho, on retrouve une progression beaucoup plus proche de ce que l’on connaissait… peut-être même un peu trop dans le sens où les développeurs ont conservé la même ville et usent et abusent de la technique ancestrale des allers retours pour gonfler la durée de vie. Celle-ci est d’ailleurs des plus correctes puisqu’il faut compter une quinzaine d’heures pour venir à bout du titre en allant rapidement à l’essentiel alors que l’on compte une trentaine d’heures minimum pour voir toutes les richesses de cet univers, les missions secondaires étant nombreuses, au même titre que les mini-jeux. Jeux de cartes, combats illégaux, fléchettes, bowling, karaoké, mah jong les à côtés sont nombreux et permettent de se détendre tout en variant les plaisirs, surtout que le gameplay de chacun d’eux est bien pensé! Mention spécial au jeu de golf et son gameplay tout simplement parfait.

 

yakuza1 

 

Toutefois, on ne peut que regretter que cette version occidentale, sortie avec un an de retard, soit amputée d’une partie du contenu (gestion des bars à hôtesses et drague des escort girls qui font le charme de la licence). Et surtout, malgré la longue attente, les développeurs ne se sont pas foulés et se sont contentés de sortir le jeu en version originale (ce qui reste le meilleur choix tant l'interpretation est excellente) mais malheureusement sous-titrée en anglais. Quand on sait que le scénario, des plus intéressants, occupe une place prépondérante dans l’expérience de jeu, on ne peut qu’être déçu de ce choix qui prive tous les non anglophones de cette pépite. Ceci dit, Yakuza 3 reprend toutes les forces des anciens opus mais aussi bien de leurs faiblesses.

En effet, le titre offre toujours un système de combat bien pensé permettant d’utiliser les éléments du décor ainsi que des armes, rendant des sensations brutales exquises et se basant sur un système de points d'experiences  permettant d’accroître les caractéristiques de son héros afin de diversifier les attaques et les prises. C’est nerveux à souhait et extrêmement jouissif, surtout que des QTE viennent intensifier les rencontres et que la barre de rage, une fois remplie, permet de déclencher des coups critiques et des finish de toutes beautés. Même si le système de jeu n’a quasiment pas évolué par rapport aux deux premiers opus, on retrouve tout de même une petite nouveauté  : la possibilité d’imiter des techniques inspirées par des séquences filmées à l’aide de son téléphone portable. Donnant d'ailleurs lieu bien souvent à des scènes comiques.

 

yakuza3

Malheureusement, parmi les défauts récurrents, on compte aussi une rigidité des animations qui fait sacrément peur pour un jeu de nouvelle génération ( c'est pas Fallout 3 mais quand même ), sans compter qu’il y a une tonne de murs invisibles et de bugs de collisions. Ceci tranche complètement avec une réalisation graphique de haut vol. Malgré l’année passée, le titre est agréable à l’œil, les modélisations sont de très bonne qualité et les visages sont criants de réalisme. Rarement un titre aura offert de mimiques aussi bien retranscrites et d’yeux aussi expressifs. C’est une véritable réussite à ce niveau la qui permet de sublimer les émotions des personnages. Quand on rajoute à cela une VO tout bonnement exceptionnelle, des musiques discrètes mais bien choisies et un univers riche et immersif, on ne peut que se dire que Sega a fait du très bon travail, et ce même si ce volet reprend surtout les solides bases des précédents…

 

yakuza5

 

 

Pour résumer donc, du côté des points forts : Le scénario, l'ambiance, la modélisation des visages et certains aspects du gameplay.

Du côté des défauts : sa non traduction, certains passage ou l'ancienneté du graphisme se font sentir et des allers retours trop fréquent, juste la pour rallonger artificiellement la durée de vie du titre.

 

Le titre vous promet donc de beau moments d'émotion, mais il est évident qu'il vaut mieux avoir fait les deux premiers volets pour s'immerger completement dans le jeu ( et de comprendre un peu l'anglais), ce qui est dommage étant donné son potentiel... Esperons tout de même une sortie du futur Yakuza 4 !

 

Notons aussi que le jeu est vendu en France avec un cd bonus contentant son OST.

 

yakuza6

 

 

Publié dans Jeux console

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

NeoJin 28/04/2010 09:53


Ahah effectivement. Pour les quêtes annexes, je dirait que celle que l'on fait dans Shenmue ont un impact plus direct sur le scénario, tandis que dans Yakuza, c'est juste du rallongement de durée
de vie quoi...


mariomario 27/04/2010 23:54


article très bon (il pourrait être publié sur un blog pro), yakua a l'air très beau, avec le golf et les activités annexes (un peu comme dans Shen Mue ?)
même s'il n'est pas parfait - si on ne peut plus draguer les hotesses dans la version européenne, ça ne va pas du tout ^^