Yakuza

Publié le par NeoJin

En ce dernier jour de novembre, je vais vous parler d'une des dernières saga récente du jeux vidéo à m'avoir séduit et surpris, je veux parler de Yakuza sur Playstation 2.

Je l'ai découvert il y a très peu de temps, en commençant par le second opus, que j'ai par ailleurs trouvé supérieur au premier, et je suis de suite tombé sous son charme : scénario , charisme des personnages, ambiance et gameplay, une bonne tuerie comme je les aimes !




Le premier épisode ( appelé Ryu Ga Gotoku au Japon ) voit le jour fin 2005 au pays du soleil levant, et une année plus tard chez nous. Il est le représentant de l'avenir vidéoludique de la firme Sega qui produit le jeu : Toshihiro Nagoshi et Ryuda Hueta à la réalisation, et l'écrivain japonais Seishu Hase au scénario.

Commençons par un petit résumé de l'histoire : Contrairement à ce que beaucoup pensent, les yakuzas ne sont pas seulement de simples mafieux, il y a les bons yakuzas qui suivent un code d'honneur précis (hérité de l'époque des samurais ), et les mauvais yakuzas qui pillent, tuent et terrorisent, au mépris de leur image. Kazuma Kiryu fait parti du premier groupe. Après avoir été recueilli à l'orphelinat par Fuma Shintaro, un parrain bon et généreux, il est très vite devenu l'un des plus célèbres hommes de main de l'organisation. Aussi, lorsque son camarade  qu'il considère comme son petit frère tue le grand chef du clan Tojo ( dont fait parti Shintaro et Kazuma ) qui voulait abuser de sa soeur, Kiryu n'hésite pas une seconde et endosse la responsabilité du crime. Rejeté par les siens, pourchassé par les autorités, notre homme passe dix ans derrière les barreaux pour un crime qu'il n'a pas commis. Lorsqu'il en sort, la société a changé, mais les ennuis sont toujours là, et vont même se décupler à ce moment précis. Kiryu va devoir s'adapter au crime moderne, éviter de croiser ses anciens collègues revanchards, et tenter de comprendre pourquoi son "aniki" est désormais l'un des parrains les plus cyniques du circuit...

A peine sorti de prison, Kiryu se retrouve au bar d'une amie, qui lui servira de QG par la suite. Il pourra y stocker de nombreux objets, sauvegarder, se soigner, mais surtout commencer à enquêter sur les tenants et les aboutissants de la situation dans laquelle il se trouve aujourd'hui. Le déroulement du jeu est finalement assez basique : il s'agira de se rendre à des points précis du quartier, indiqués sur une carte ( à la maniere d'un GTA ), afin de faire avancer l'histoire. Et, à la manière des RPG vous serez régulièrement arrêtés par touts types de personnages : racailles, yakuzas rivaux, ou salary man mal lunés, nombreux sont les ennemis potentiels prêt pour une petite baston vous rapportant argent et experience en cas de victoire. Une fois les ennemis corrigés et notre héros arrivé au lieu indiqué sur la carte, le joueur assiste alors à une cinématique qui fait avancer l'histoire, vous obligeant en général à vous battre, où à vous rendre dans un autre lieu. Extrêmement répétitif me direz vous, Yakuza est cependant sauvé d'une part par son ambiance envoûtante ( rappelant énormement celle de Shenmue ), mais aussi par tous les petits à côtés extremement fun. En tant que bon criminel, Kazuma sera parfois pris à parti par des gens qui ont besoin de son aide, déclenchant alors des quêtes annexes parfois très interressante. En général, ces sous quêtes non obligatoires vous récompenseront par des objets aussi sympa qu'un passe illimité pour une boîte de strip-tease, des cours d'arts martiaux par un vieux maître (très important pour apprendre de nouvelles techniques, encore un point rappelant Shenmue ), ou l'accès à un magasin d'armes clandestin...




Après 10 ans derrière les barreaux, Kiryu va donc devoir s'adapter à la vie moderne, une bonne opportunité pour enchaîner de manière naturelle sur une phase de didacticiel. Mais c'est après une ou deux heures de jeu environ, lorsque l'on a enfin la liberté de se balader seul dans les rues de la ville, que l'on se rend compte de ce qu'est réelement Yakuza. Ni un Grand Theft Auto très libre, ni un Shenmue ultra riche, le jeu représente une troisième voie dans ce nouveau genre désormais populaire que représentent les jeux d'action "réalistes" et ultra scénarisés. La première chose qui impressionne, c'est le parti pris du design du jeu en lui même. Yakuza s'adresse à un public sans concessions. Ici, on reste dans un gameplay et une ambiance typiquement japonaise, à savoir très encadré dans le déroulement. Pas question de sortir du quartier, voler des voitures, tabasser des piétons, où encore de devenir flic ou taxi. Pas question non plus de suivre les gens chez eux, de rentrer dans toutes les maisons pour fouiller des armoires. Tous les déplacements se font à pied, dans un unique quartier d'une dizaine de rues, pas très grand certes, mais sublimement modélisé. En réalité tout est ici au service de l'histoire, intimement liée au déroulement du jeu. Même si l'illusion du réel est bien présente grâce à l'ambiance graphique et sonore, nous sommes dans un jeu vidéo très terre à terre, au déroulement mécanique. De la même manière, il n'y a pas de gestion du temps ou de défilement jour-nuit, point que j'ai un peu regreté. Tout est donc question d'ambiance pour ce qui s'avérera être une "autre" évolution du concept de jeu d'action/cinématique, un peu comme Metal Gear Solid dans un autre registre.




Même si les balades sans but précis sont nombreuses dans Yakuza, les combats ont bien sur une grande importance. Les rixes en un contre un étant assez rares, Sega a opté ici pour une jouabilité simple et efficace digne des meilleurs beats em all. Un bouton pour les coups rapides, un autre pour les coups forts, et un troisième pour les choppes. La garde elle, vous servira aussi à esquiver. On regrettera tout de même les lacunes du systeme de lock, assez inefficace quand il s'agit de suivre un adversaire mobile, obligeant à cadrer soi-même ses ennemis avec la caméra. Pour le reste, Kazuma devra attendre d'avoir combattu et acquis des points d'expérience pour pouvoir acheter de nouvelles techniques de combat. Prises de catch, coup de pompe dans le visage, prises arrière pour dégager les lâches, nouvelles finitions... La montée en puissance est par ailleurs graduée et permet de se familiariser facilement et instinctivement avec un grand nombre de techniques qui, disponibles dès le départ, se seraient avérées trop fastidieuses à apprendre. Et dans les moments difficiles,  la jauge de "tension" viendra à votre secours. Se remplissant lorsque vous donnez des coups, ou en buvant des boissons énergisantes, celle-ci vous donne accès aux mouvements spéciaux de "fièvre". Il suffira que vous disposiez d'un objet, d'un accessoire (mur, grille, bureau etc), ou que vous ayez acheté des nouveaux coups avec vos points d'expérience pour infliger une attaque terrible, parfois mortelle, à vos adversaires donnant lieu a de petites scènes ultra jouissive. Et c'est en général au moment ou un ennemi finit avec la machoire dans le troittoir ou un coup de batte dans la gorge que l'on comprend pourquoi le jeu a été interdit aux moins de 18 ans.

L'argent amassé durant ces combats vous sera nécessaire pour profiter de tous les petites choses annexes au scénario, comme les casinos, les bars à hôtesses ou les machines d'arcade, mais aussi pour votre propre survie. Selon les magasins du quartier, vous pourrez donc vous procurer des plats typiquement japonais, ou encore des bars ou l'ont peut deguster tout types d'alcool ( avec les vrais marques et tout ! ) qui permettront de regagner des points de vie après un combat éprouvant. Il y a aussi les armes, que ce soit les couteaux ou les battes de base-ball, toutes les armes ont une durée de vie limitée. Il suffira de donner une petite dizaine de coups pour que la plupart d'entre elles se brisent, ce qui s'avérera souvent très frustrant mais qui rappelera au plus anciens d'entre vous des jeux tels que Street Of Rage.

Jeu pour adultes, il propose également des phases exlusivement dédiés aux mâles. Comme tout bon héros sombre, Kiryu n'en est pas moins homme. Il pourra donc aller se défouler sur des balles au batting center, gagner des peluches stupides dans des salles Sega, mais surtout claquer son argent sale dans des lieux de débauche. Clubs de strip-tease ou bar à hôtesses sont donc là pour le bon plaisir de notre yak' favori. Dans les premiers, il s'agira avant tout de mater des filles ayant l'air pas mal mais malheureusement pas superbement modélisées, limitant ainsi l'intérêt de la démarche. Mais dans les seconds, on se retrouvera en présence de mini-jeux de drague où le but sera de cerner les goûts des filles afin de les séduire. Les conversations et autres commandes de boisson prendront très vite des apparences de quizz qui vous permettront de gagner des points d'amour en cas de bonnes réponses. Telle fille se la joue princesse? Traitez-la comme une truie et elle sera séduite par votre virilité. Une autre n'est pas très sûre d'elle ? Mettez un parfum italien et jouez le protecteur macho, elle tombera comme une mouche. Avec un peu de chance, la belle vous laissera son numéro et vous inondera de textos torrides avec, qui sait, un rendez-vous à la clé, bien souvent gâché par un ex jaloux ou une bande de racailles qu'il faudra corriger avant de pouvoir passer à l'acte de reproduction  ( résumé à un soupir et un écran rose...). Sachez par ailleurs que la nuit d'amour vous sera rémunérée en points d'expérience. Complètement optionnelle mais assez bien conçue, cette partie du jeu pourra cependant s'avérer relativement fun, mais surtout encore une fois, typiquement japonais.




Côté adaptation française, les fans d'une manière générale et les joueurs avides de nouvelles sensations en particulier ne pourront que regretter le choix de Sega Europe de conserver les doublages anglais, au lieu de proposer les voix en japonais, point essentiel pour l'immersion du jeu. Je comprend que les joueurs américains aient préféré comprendre les dialogues, mais lorsqu'un yakuza au calme exemplaire et à la colère froide reste stoïquement debout tandis que le doubleur hurle "You motherfucker" dans un style très "gansgta", il y a comme un décalage qui pourra en énerver certains dont je fait bien sur parti... Cependant , le jeu à la mérité d'avoir été sous titrées en français, ce qui n'est déja pas si mal, même si la qualité n'est pas vraiment au top.

Certains n'aimeront pas le fait de ne pas pouvoir s'attaquer a n'importe qui dans la rue, ou encore de la trop grande noblesse d'âme du héros du jeu, mais les autres, amateurs de culture japonaise, et de grand scénario peuvent déja s'en donner à coeur joie avec ce premier opus.
L'ayant terminé après le second épisode, je dois tout de même avouer l'avoir un peu moins aimé que ce dernier.

Parlons en justement :



Toujours développé par Sega, ce second épisode sort en 2006 au Japon... Et deux ans plus tard en France.

Rapide détour sur le scénario : Suite aux évènements du premier opus, Kiryu Kazuma a laissé sa place de chef au loyal Terada et est parti avec la petite Haruka, fille de sa bien aimée,  pour vivre une vie plus tranquille et loin de l'univers des rues du quartier Kamurocho à Tokyo. Malheureusement, une année après la fin du premier opus, un acte tragique va obliger Kazuma à revenir et à se faire entendre à coups de poing et de leçons sur l'honneur. Le scénario tient une place importante dans la série comme je le disais plus haut. Les phases de dialogue sont nombreuses, les protagonistes ont tous leurs petites histoires et leurs ambitions, les rebondissements sont nombreux, bref, à partir d'ici il devient difficile de parler des évènements de cet opus tant ils sont nombreux et je trouve inutile d'en parler trop en détail pour ne pas gâcher les effets de surprises. Sachez tout de même que Yakuza 2, tout comme son prédécesseur, est l'un des rares jeux à proposer un scénario aussi travaillé et aussi palpitant à suivre.

De nouveaux personnages font leur apparition (Goda Ryuji, quelle classe ! ) ainsi que de vieilles connaissances ( Goro Majima dont je suis fan !). La ville a elle aussi bien changé même si on retrouve rapidement ses marques entre les différents lieux importants, les boutiques, les hôtels et autres salles de jeu. Les rues ne sont jamais désertes, il y a toujours un tas de badauds que vous pouvez interroger pour en savoir un peu plus sur ce qui se passe en ville, les magasins et les salles de jeu ont également leurs portes grandes ouvertes rien que pour vous.

Aussi accueillante soit-elle, la ville est surtout le théâtre des affrontements entre les différentes familles de Yakuza. Après l'exploration, place à l'action.




Parlons donc tout de suite d'un des points les plus jouissifs du jeu, les phases de combats, la phase de gameplay. Dès les premiers combats, on se dit que ce Kazuma ne dispose pas d'une panoplie de coups très variée, ce qui est normal pour débuter. La touche carré vous permet d'asséner des coups de poing tandis que la touche Triangle est dédiée aux coups de pied. Avec de simples pressions sur ces deux touches vous pouvez déjà faire pas mal de combos différents et d'infliger de bon dégâts chez vos adversaires. A côté de ça, notre héros peut aussi saisir ses ennemis pour ensuite les enchaîner ou les jeter au sol. Toujours avec cette faculté de saisir, il peut ramasser divers éléments du décor ou des armes (club de golf, panneau publicitaires electriques, couteau, chaise, etc...) et bien sûr s'en servir contre les racailles d'en face. C'est déjà plus spectaculaire et plus fun à voir que dans le premier épisode.

Dès que vous réussissez plusieurs combos, votre barre de furie se remplit jusqu'à ce que vous soyez en mode Heat. Une aura bleue entoure alors le haut de votre personnage et vous pouvez donner des coups terribles à vos adversaires en les claquant contre un mur par exemple ou en leur écrasant la tête sur le sol...

A certains moments de l'histoire vous serez accompagné d'un allié pendant vos combats. L'intelligence artificielle de ce dernier lui permettra d'engager le combat contre l'un de vos ennemis mais le plus important est que vous pourrez exécuter des combos à deux, très simples à réaliser et très spectaculaires. Dans le même genre d'idée, certains passants que vous aurez aidés auparavant, vous jetteront des armes en plein combat. Sachez aussi que certains adversaires, les plus importants et les boss, peuvent réaliser des mouvements spéciaux que vous pouvez contrer à l'aide d'une petite séquence de QTE (l'influence Shenmue, toujours).

Se battre contre les ennemis de base ne présente pas beaucoup de risques et permet d'enchaîner facilement les coups spectaculaires. Certains ennemis se montrent plus coriaces soit par leur vitesse soit par leur défense ou encore par leur capacité à contre attaquer rapidement. Par exemple en tentant de saisir un ennemi, ce dernier peut résister et vous devez alors marteler la touche Rond pour sortir vainqueur de ce «duel», dans le cas contraire votre ennemi aura l'avantage pour vous donner un coup dangereux. Les boss sont aussi plus difficile à battre que dans le précédent opus, et il faudra une stratégie bien adapté à chacun d'entre eux. Tout cela vous rapportera des points d'experiences,de l'argent et vous permettera d'acquérir de nouvelles techniques.




Côté réalisation, on est en face d'un jeu de qualité et les graphismes ont tout de même été grandement amélioré par rapport à Yakuza 1, ce  qui surprend d'ailleurs dès que l'on commence à se balader dans la ville: l'activité humaine y est très bien retranscrite, les passants y sont nombreux et vaquent à leurs occupations. Sans parler de l'excellente modélisation des visages des personnages.
Mais on ne peut pas ne pas remarquer l'aliasing omniprésent à l'écran par moment, l'animation pas toujours stable et des temps de chargement nombreux en changeant de rues. De ce côté-là, le studio de développement ne semble pas avoir fait de progrès: dès que l'on change de plan de vue on sent que le système a du mal à suivre, quand on passe d'une phase d'exploration à une phase de combat on a aussi le droit à un temps de chargement, plus court que dans le premier épisode mais devant l'abondance de combats cela peut vite devenir gênant.

Par contre, très peu de choses à dire sur l'aspect sonore. La qualité est au rendez-vous, surtout dans le jeu des acteurs pendant les multiples phases de dialogue. Dans la rue ou pendant vos combats, des thèmes musicaux vous accompagneront brillamment. Le japonais est enfin de mise pour ce qui est des voix parlées, les sous-titres eux sont en anglais et uniquement en anglais. Si vous ne maîtrisez pas quelque peu la langue de Shakespeare, vous risquez malheureusement de passer à côté de l'essentiel : le scénario. A croire que Sega n'a pas appris sa leçon avec l'echec commercial de Shenmue par exemple, essentiellement dû à ce problême.

Pas de problême au niveau de la durée de vie par contre, la quête principale est longue, et les mini quêtes toujours présente ( un peu plus de 20 heures pour ma part ).

La fin du jeu est d'ailleurs sublime mais je n'en dirait pas plus...



Esperons seulement que le 3ème épisode sorti sur Playstation 3 en début d'année sortira un jour en France, et si possible pas dans deux ans ( surtout que le 4ème volet sortira debut 2010 au Japon ).

Un jeu que je recommande donc à tout les gamers adepte de bon scénario, d'ambiance japanisante, et à ceux qui souhaitent découvrir un titre à mi chemin entre GTA et Shenmue !


Petit trailer de Yakuza 2 :


Publié dans Jeux console

Commenter cet article

Yakuza 23/11/2016 20:35

un autre test de Yakuza

NeoJin 02/12/2009 09:30


En même temps, c'était les premières minutes de jeu hein...


triple-nerdz 01/12/2009 21:42


Du peu que j'en ai vu j'ai trouvé les phases de combat trop monotones. Un seul type de coup suffit à eliminer un adversaire et du coup la panoplie de mouvements est une option mais ne vous est
absolument pas nécessaire pour gagner.